A deal with Iran over the Strait of Hormuz may require a compromise from Trump

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**Un accord avec l’Iran sur le détroit d’Ormuz pourrait obliger Trump à faire des compromis**

**WASHINGTON (AP)** — Pour parvenir à un accord avec l’Iran permettant la réouverture du stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement près de 20 % du pétrole mondial, le président américain Donald Trump pourrait être contraint de faire quelque chose qui lui est peu familier : faire des compromis.

Une telle concession serait difficile pour le président républicain, qui continue de rejeter les critiques concernant la baisse de sa popularité, le ralentissement de l’économie américaine et l’amenuisement des stocks de certaines armes stratégiques après la guerre contre l’Iran lancée avec Israël il y a plus de cinq mois.

« Il voit le monde comme une opposition entre gagnants et perdants, et un compromis le placerait dans la catégorie des perdants », estime Eliot Cohen, ancien conseiller au département d’État sous la présidence de George W. Bush. « Or, l’image d’un perdant lui serait insupportable. »

### Le principal point de blocage : le détroit d’Ormuz

Le différend porte sur le contrôle du détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle reliant le golfe Persique aux marchés mondiaux. Bien que Washington et Téhéran affirment qu’un accord est proche, l’administration Trump refuse toute formule qui consacrerait une emprise iranienne sur cette route commerciale, notamment par l’imposition de droits de passage.

L’Iran, de son côté, exige une certaine forme de contrôle et affirme que le détroit ne redeviendra pas une voie maritime internationale totalement ouverte comme avant le conflit. Malgré les milliers de frappes américaines menées contre ses installations, Téhéran conserve la capacité de menacer les navires commerciaux au moyen de drones, de missiles ou de mines marines.

Selon plusieurs analystes, cette situation donne à l’Iran un pouvoir de nuisance considérable sur le commerce maritime mondial.

### La pression économique pourrait pousser Trump à céder

Pour Eliot Cohen, faire une concession à l’Iran serait politiquement coûteux pour Donald Trump, surtout à l’approche des élections de mi-mandat de novembre et alors que les prix de l’essence demeurent élevés.

D’autres observateurs pensent toutefois que les réalités économiques pourraient l’emporter. David Schenker, ancien responsable du département d’État durant le premier mandat de Trump, estime que le président pourrait finalement accepter un compromis afin de mettre fin rapidement à la crise.

« Il y aura beaucoup de communication politique des deux côtés, mais le président a déjà montré à quel point il est pressé de régler cette situation », affirme Schenker. « C’est une concession qu’il pourrait très bien être prêt à accepter. »

### Des stocks d’armes sous pression

Jusqu’à présent, Donald Trump a peu reconnu les difficultés engendrées par la guerre. Sur les réseaux sociaux, il a assuré que les États-Unis disposaient encore de quantités « massives » d’armements et que la production militaire restait soutenue.

Pourtant, plusieurs experts soulignent que l’armée américaine manque désormais de certains systèmes avancés de défense antimissile utilisés pour protéger les forces américaines contre les attaques iraniennes.

Interrogé sur la question, Trump a admis que certains types de munitions étaient « un peu plus limités », tout en affirmant que les États-Unis demeuraient « en excellente position » et pouvaient compter sur leurs stocks déployés à travers le monde.

Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, tente actuellement de convaincre le Congrès d’approuver plusieurs milliards de dollars supplémentaires pour renforcer les capacités du Pentagone.Defense Secretary Pete Hegseth speaks alongside President Donald Trump during a cabinet meeting, Friday, July 31, 2026, at Camp David, the presidential retreat, near Thurmont, Md., Friday, July 31, 2026. (AP Photo/Jacquelyn Martin)

### Une guerre qui divise l’opinion publique

Donald Trump affirme également que ses résultats dans les sondages sont les meilleurs qu’il ait jamais obtenus. Pourtant, selon une enquête réalisée à la fin juillet par l’Associated Press et le centre de recherche NORC, près des deux tiers des Américains considèrent que la guerre contre l’Iran n’en valait pas la peine.

Cette opinion est majoritaire chez les démocrates et les indépendants, mais concerne aussi environ 37 % des électeurs républicains.

Sur le plan économique, l’emploi américain demeure à un niveau historiquement élevé, mais la création de nouveaux emplois a nettement ralenti depuis le début du second mandat de Trump.

### Un accord pourrait dépendre de la question des frais de passage

Les responsables américains et iraniens affirment être proches d’un compromis permettant la réouverture du détroit d’Ormuz.

Selon les informations disponibles, une solution temporaire est à l’étude : les navires entreraient dans le golfe Persique par une voie contrôlée par l’Iran et en ressortiraient par une route placée sous supervision omanaise.

L’administration Trump insiste toutefois sur un point : aucun péage, taxe ou frais de transit ne devra être imposé aux navires commerciaux.

Un responsable américain, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, a indiqué que la diplomatie restait l’option privilégiée du président, lequel estime toujours disposer d’une position de force dans les négociations avec Téhéran.

Malgré une légère reprise du trafic maritime ces dernières semaines, le nombre de navires empruntant le détroit reste très inférieur aux niveaux observés avant le début de la crise, signe que les tensions continuent de peser lourdement sur le commerce international.

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