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Présidence du Conseil de sécurité de l’ONU : les temps forts d’un mois de diplomatie active et d’ambitions internationales de la RDC

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Du 1er au 31 juillet 2026, la République démocratique du Congo (RDC) a assuré, pour la troisième fois de son histoire, la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations Unies, principal organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Plus de trois décennies après sa dernière présidence en tant que membre non permanent, Kinshasa a mis cette responsabilité à profit pour promouvoir une vision axée sur la paix, la prévention des conflits, la justice internationale, le développement durable et le renforcement du multilatéralisme.

À l’heure où le Danemark s’apprête à prendre le relais pour le mois d’août, cette présidence est largement perçue comme une étape marquante du retour de la diplomatie congolaise sur la scène internationale.

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Une présidence sous le signe de la paix et de la justice

Élue membre non permanent du Conseil de sécurité pour le mandat 2026-2027 avec 183 voix sur 187 votants, la RDC siège depuis le 1er janvier 2026. Son élection a été saluée comme une reconnaissance de son rôle croissant dans les affaires internationales et de son engagement en faveur de la sécurité collective, de la réforme du système multilatéral, de la justice internationale et d’une gouvernance responsable des ressources naturelles.

Pays confronté depuis plusieurs décennies à des conflits armés, particulièrement dans sa partie orientale, la RDC a placé sa présidence sous la devise : « Plus de paix, plus de justice, plus de développement, plus de multilatéralisme ». Les autorités congolaises ont ainsi défendu l’idée qu’aucune paix durable ne peut être obtenue sans s’attaquer aux causes profondes des conflits.

Les travaux du Conseil ont été articulés autour de plusieurs priorités : la gouvernance des ressources naturelles, la protection des civils, la lutte contre l’impunité, la justice transitionnelle, l’agenda « Femmes, paix et sécurité », l’implication des jeunes dans la consolidation de la paix ainsi que le renforcement du partenariat entre les Nations Unies et les organisations régionales, notamment l’Union africaine.

Les femmes au cœur des enjeux de paix et de sécurité

Premier grand rendez-vous de cette présidence, le débat de haut niveau consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité s’est tenu le 8 juillet sous la présidence de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

Les discussions ont porté sur les violences sexuelles liées aux conflits armés, la protection des survivantes, la lutte contre l’impunité ainsi que les mécanismes de réparation. À travers cette initiative, la RDC a rappelé l’expérience douloureuse des populations de l’Est du pays tout en appelant à une mobilisation internationale accrue.

Dans son intervention, Judith Suminwa Tuluka a rappelé que, vingt-cinq ans après l’adoption de la résolution 1325, les progrès demeurent insuffisants.

« Notre responsabilité n’est pas seulement de commémorer cette avancée. Elle est de la mettre en œuvre avec conséquence. La participation des femmes ne peut pas être symbolique. Elle doit leur donner un pouvoir réel d’influencer les décisions. »

Faire des ressources naturelles un facteur de paix

La gouvernance des ressources naturelles a constitué l’autre grande priorité de la présidence congolaise.

Le 13 juillet, une réunion organisée selon la formule Arria, sous la présidence de la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a ouvert une réflexion sur les liens entre ressources naturelles, conflits et paix.

Cette initiative a débouché, le 22 juillet, sur un débat public de haut niveau consacré au thème : « La gouvernance des ressources naturelles, fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité ».

À cette occasion, la RDC a plaidé pour un renforcement des mécanismes internationaux de traçabilité des minerais stratégiques, une lutte accrue contre leur exploitation illicite et une gouvernance mondiale plus responsable des ressources naturelles.

Pour Thérèse Kayikwamba Wagner, les ressources naturelles constituent désormais un enjeu géopolitique majeur du XXIᵉ siècle.

« Aurons-nous la sagesse de faire de ces ressources les fondations d’une prospérité partagée, ou accepterons-nous qu’elles continuent d’alimenter les rivalités et les conflits de notre temps ? »

Promouvoir le règlement pacifique des différends

Autre temps fort du mois : un débat consacré au règlement pacifique des différends, conformément à la Charte des Nations Unies.

La RDC y a défendu une diplomatie préventive plus précoce, plus cohérente et plus efficace, estimant que la crédibilité du Conseil de sécurité dépend avant tout de l’application effective de ses résolutions.

À titre d’exemple, Thérèse Kayikwamba Wagner a évoqué la résolution 2773 concernant la RDC, dont plusieurs dispositions, notamment la cessation des hostilités, le retrait des forces étrangères et le respect de la souveraineté nationale, restent à mettre pleinement en œuvre.

Porter la voix de l’Afrique

Durant toute sa présidence, la RDC, au sein du groupe A3 (Libéria, Somalie et RDC), s’est attachée à défendre les priorités africaines sur les grandes questions de paix et de sécurité internationales.

Kinshasa a plaidé pour une approche fondée sur le respect du droit international, la coopération multilatérale, la justice, l’État de droit, l’action humanitaire et le développement durable, tout en accordant une attention particulière à la protection des enfants victimes du recrutement par les groupes armés.

Un mois d’intense activité diplomatique

Au-delà des trois grands débats organisés sous sa présidence, la RDC a dirigé les travaux quotidiens du Conseil de sécurité consacrés à plusieurs crises internationales, notamment au Moyen-Orient, au Soudan, en Haïti, en Syrie et en Ukraine.

Parallèlement, la ministre des Affaires étrangères a rencontré plusieurs candidats à la succession d’António Guterres au poste de secrétaire général des Nations Unies. Les échanges ont porté sur le renforcement du rôle de l’ONU dans la prévention des conflits, la médiation, la protection des populations civiles et la promotion d’une diplomatie de résultats.

Le 30 juillet, à l’issue du premier « straw poll » organisé dans le cadre de cette sélection, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, président du Conseil de sécurité pour le mois de juillet, a présenté les résultats préliminaires lors d’un point de presse au siège des Nations Unies.

Une présidence qui confirme le retour diplomatique de la RDC

Cette présidence restera comme l’une des séquences diplomatiques les plus importantes de ces dernières années pour la République démocratique du Congo. En portant à l’agenda du Conseil des thématiques telles que la gouvernance des ressources naturelles, les femmes, la paix et la sécurité, ainsi que le règlement pacifique des différends, Kinshasa a affirmé son ambition de contribuer activement à la construction d’un ordre international fondé sur le dialogue, la justice et la coopération.

Conformément à l’article 18 du Règlement intérieur provisoire du Conseil de sécurité, qui prévoit une présidence tournante mensuelle selon l’ordre alphabétique anglais des États membres, la RDC exercera une nouvelle fois la présidence du Conseil en novembre 2027, quelques semaines avant l’achèvement de son mandat de membre non permanent, prévu en décembre de la même année.

Editorial: Inno – CNTLIVE

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